[SLOW WARE] : Est-ce vraiment une tendance de déconsommation ?

[TREND] #SlowWare

À l’occasion de la semaine de la Fashion Revolution, InCapsule souhaitait revenir sur ce mouvement anti fast fashion qui déconstruit toutes les valeurs de la mode de ces 30 dernières années.

Le mouvement Slow

Dans une interview du Fashion Network, Stéphane Truchi, Président du Directoire de l’Ifop, qualifiait le “Slow Made” (en français “Crée lentement”), comme : le signe de l’émergence d’une nouvelle économie, une économie lente, mettant en valeur l’importance du temps passé à faire du beau travail. 

Le Slow est un mouvement culturel qui va à l’encontre de la notion de précipitation qui règne dans la société de consommation. Dans la mode, ce phénomène est aussi présent. La “fast fashion” synonyme de mode éphémère/jetable, est devenu la risée des Zcolos. Ces consommateurs plus engagés, plus sensibles aux impacts de leurs actes sur la société dans son ensemble, mais pas tous, expriment le désir.

La démocratisation de la Slow fashion

Dorénavant, il est préférable de se tourner vers la “Slow Fashion” aussi appelée “Slow Ware” en Français “Mode lente” ou  “Achat/magasin lent”. Historiquement, la slow fashion été réservée au Luxe ou aux marques premiums. Dans le but de réaffirmer leurs valeurs (le travail bien fait, l’artisanat, les séries courtes, le temps long de la production). Aujourd’hui, elle est investie par tous les segments du prêt-à-porter. Elle devient une posture de consommation qui prend de l’ampleur, mais qui divise.

Comme le disait un de nos experts interviewés dans le cadre d’un projet prospectif, il y a aujourd’hui « deux grandes typologies de consommateurs qui s’affrontent et que tout oppose, la GenMe et la GenWe », Fabienne Sébaoun, fondatrice du blog Lost In Skination et consultante dans le secteur de la cosmétique. Tout est dit !

Le paradoxe

L’importance de l’humain dans la chaîne de production a une place égale à celle de la planète. Pour émerger et durer, les marques doivent respecter l’environnement et le temps de réalisation des pièces, et les conditions de travail des employés. De nouvelles normes s’ajoutent : 

  • Lutter contre la pollution en diminuant son impact environnemental
  • Lutter contre la surproduction et le gaspillage
  • Respecter les conditions de travail des employés
  • Proposer des gammes inclusives #genderequity 
  • Prioriser l’usage à la possession
  • Vendre en pré-commande

Pourtant, même si la société prône la qualité avant la quantité, la réalité est toute autre. D’un côté, les consommateurs souhaitent se donner bonne conscience en se tournant vers des marques responsables, à la production limitée et à la qualité augmentée. Quite à se précipiter vers des festivals de mode vintage / de seconde main où la frénésie bat son plein ; Ce fut par exemple le cas sur le stand Vinokilo lors de la vente de plantes pas chères : Plante pour tous.  De l’autre, ils ont du mal à résister aux avantages plus qu’attractifs de la fast fashion : prix bas, livraison rapide, large choix, être capable de renouveler constamment sa garde de robe pour suivre les tendances.

De nouvelles habitudes

Effectivement, consommer écoresponsable demande de nombreux sacrifices notamment financiers. Cependant, pour faire la part des choses, il se trouve de nouvelles habitudes à faire lors de son shopping : 

  • Privilégier les vêtements vintages, de seconde main 
  • Se tourner vers les collections capsule, de petits designers
  • Scruter les étiquettes 
  • Opter pour des vêtements unisexes 
  • Tester la location de prêt-à-porter 
  • Bien réfléchir avant l’achat : une pièce doit pouvoir être portée à plusieurs occasions.
  • Attendre pour contribuer à la juste production

 

[PAROLES]

“Le Zcolo est persuadé que porter un vêtement de la fast fashion, c’est être complice de morts.”

Extrait du livre “Le choc Z-La Génération Z, une révolution pour le luxe, la mode et la beauté” d’Eric Briones et Nicolas André

Le mouvement du Slow Ware est porté les nouvelles générations (Millenials/Génération Z/Génération A). En effet, dans leur livre, Eric Briones et Nicolas André ont identifié 10 tribus classifiant les individus des nouvelles générations. L’une des tribus est le profil Zcolo qui représente les jeunes les plus engagés et ambitieux de la Génération Z. Ils seraient considérés comme des pro-slow, c’est pour cela qu’il est notamment possible de les assimiler à la GenWe. Ce sont ces individus qui sont les plus susceptibles de se tourner vers un mode de consommation plus respectueux.

Plus que jamais, ils sont conscients des impacts humains et environnementaux dans l’industrie mode. Cela se reflète dans leur consommation de prêt-à-porter :

  • Les achats sont limités, réfléchis et doivent être rentabilisés (sinon ils culpabilisent)
  • Prendre l’habitude de vider son dressing
  • Être à l’affût de marques 100 % sincères. Ils rejettent celles qui adaptent leur communication en fonction des tendances et alimentent le greenwashing.

 

[INITIATIVES]

De nombreux acteurs de l’industrie de la mode sensibilisent sur les impacts sociaux et environnementaux. L’objectif est d’in fine adopter de nouvelles habitudes de consommation.

Fashion Revolution 

Ce mouvement lutte pour une industrie de la mode qui priorise les personnes et la planète au delà de la rentabilité financière. Composés de membres à la fois passionnés de mode et aussi professionnels de l’industrie.

L’organisme propose d’agir à son échelle en interpellant les entreprises. En effet, Fashion Revolution propose sur son site des messages pré-écrits pour demander aux marques qui a créé son vêtement avec le #whomademyclothes.

NU-IN : la mode 100% responsable 

NU-IN est une marque de vêtements eco-responsables. Leur mission est simple : créer des vêtements qui ne coûtent pas la vie de la planète et de ses habitants.

La marque tente de regrouper tous les engagements attendus de la Slow Fashion :

  1. Respect de l’économie circuclaire
  2. Collection Unisexe
  3. Vêtements Upcyclés
  4. Engagement dans les grandes causes comme BlackLivesMatter
  5. Alignement sur les prix du marché.

        Asphalte : Lutter contre la surproduction

Dans la mode masculine on trouve la marque Asphalte qui propose des pièces pour homme basiques et intemporelles. Elle ne produit qu’en fonction des pré commandes et incite de façon habile à ce que leurs communautés patientent l’arrivée de la pièce tant attendue… Et que cette attente est mise en scène en donnant à voir les coulisses de la création.

 

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